Catégories: Insights


29 Nov 2017

Quand le licenciement pour cause d’échec de la période d’essai est légal

Le Tribunal de Brescia, dans sa décision du 3 novembre 2017, a déclaré légitime le licenciement d’une salariée pour ne pas avoir réussi sa période d’essai. Dans ce cas précis, la salariée invoquait la nullité du pacte d’essai annexé au contrat de travail au motif que les fonctions qui lui avaient été assignées n’étaient pas spécifiées, ayant été recrutée comme « Commodity Manager » et encadrée par la catégorie 6 de la convention collective nationale du travail (CCNL) de l’industrie mécanique secteur privé. Le tribunal a au contraire estimé que cette indication était suffisante, rappelant à ce sujet l’orientation de la Cour de cassation selon laquelle « spécialement lorsqu’il s’agit de travail intellectuel et non exclusivement exécutif, les fonctions ne doivent pas nécessairement être spécifiées en détails vu qu’il suffit qu’elles soient définissables à partir de la formule utilisée dans le document contractuel ». Comme si cela ne suffisait pas, le tribunal a souligné que la salariée connaissait bien la signification de l’expression « Commodity Manager » étant donné que celle-ci avait entre autres fourni à la société un curriculum vitae dans lequel elle déclarait avoir justement recouvert ce rôle auprès d’une autre société. Et pas seulement. La salariée invoquait aussi le fait que les fonctions qui lui avaient été attribuées ne correspondaient pas à celles figurant dans le contrat. Cette exception a également été rejetée par le tribunal qui a estimé, en se fondant sur les documents produits, que la salariée avait été occupée à des fonctions parfaitement en ligne avec celles convenues dès le début de ses activités comme salariée de la défenderesse. Comme si cela ne suffisait pas, la salariée invoquait le fait que l’essai n’avait pas pu se faire à cause de la brièveté de celui-ci, ayant été absente d’abord pour vacances, ensuite pour maladie et enfin, pour congé de maternité anticipé. Le tribunal, en rejetant aussi cette doléance, a considéré que la salariée – même en excluant les périodes précitées du calcul des jours effectivement prestés – avait travaillé les 2/3 de la période d’essai prévue à l’origine et donc, une période suffisante pour permettre à l’employeur d’apprécier sa capacité à recouvrir le rôle demandé. Enfin, en ce qui concerne les motifs de rupture invoqués par la société et contestés par la salariée, après avoir fait observer que normalement l’employeur ne doit pas nécessairement motiver sa décision pour rompre le pacte d’essai, le tribunal a rappelé une décision de la Cour constitutionnelle aux termes de laquelle « l’employeur qui met fin au pacte d’essai de sa salariée sachant à ce moment-là qu’elle est enceinte, doit expliquer les raisons du jugement négatif de ses prestations en fournissant les motifs pouvant permettre à la partie adverse d’identifier les points d’échec de son essai et au juge de procéder correctement à l’examen sur le fond des motifs réels de rupture, afin d’exclure avec un degré de certitude raisonnable qu’elle a été décidée par son état de femme enceinte ». Et bien, selon le tribunal, la défenderesse a rempli ses obligations vu qu’elle a spécifié dans sa lettre tous les motifs qui l’avaient amenée à décider de mettre fin à la relation de travail et que la demanderesse n’a pas réussi à démontrer la prétendue discrimination qu’elle avait subie. À l’issue du procès, le tribunal a donc rejeté le recours de la salariée, en la condamnant au paiement des frais de litige, estimés à 2 500 euros et de toute autre somme due en vertu de la loi.

Inscrivez-vous à notre lettre d’information

Contacts

Vous avez besoin d'informations ? Écrivez-nous et notre équipe d'experts vous répondra dans les plus brefs délais.

Remplissez le formulaire

Autres nouveautés et insights

1 Sep 2026

Suppression de fichiers de l’entreprise sur l’ordinateur : licenciement justifié même en l’absence de preuve d’un préjudice

L’affaire trouve son origine dans le licenciement disciplinaire d’une salariée occupant des fonctions de secrétariat général qui, à l’occasion de la restitution de son ordinateur professionnel à la…

1 Sep 2026

Heures supplémentaires : un tableau récapitulatif ne suffit pas; le salarié doit apporter une preuve rigoureuse du nombre d’heures effectuées et de l’ampleur de la prestation.

Par l’ordonnance n° 20700 du 18 juin 2026, la Cour de cassation est revenue sur la question des heures supplémentaires, réaffirmant que le salarié qui en réclame le…

1 Sep 2026

Saviez-vous que… une prime individuelle (superminimo) restée inchangée pendant des années peut devenir non absorbable ?

La Cour de cassation, chambre sociale, par l’arrêt n° 24475 du 5 août 2026, a confirmé que le superminimo individuel, bien qu’il soit normalement soumis au principe d’absorption…

3 Août 2026

Transparence salariale : les premières demandes des salariés arrivent (Il Sole 24 Ore, 3 août 2026 – Vittorio De Luca)

Deux mois après le décret. Depuis l’entrée en vigueur du décret législatif 96/2026, le 7 juin, selon une enquête flash menée par le GIDP, 8 % des directeurs…

30 Juil 2026

Contrôles en entreprise et protection des données : quel équilibre ?

Avec un récent jugement du Tribunal de Pise n° 800 du 13 juin 2026, est abordée une question particulièrement importante pour les entreprises : le délicat équilibre entre…

30 Juil 2026

Licenciement irrégulier et réintégration : le salarié doit restituer l’indemnité compensatrice de préavis 

Avec l’ordonnance n° 22187 du 28 juin 2026, la Cour de cassation s’est prononcée sur la question de la restitution de l’indemnité compensatrice de préavis versée au salarié…