Catégories: Insights


22 Fév 2021

L’interdiction de licenciement est contraire au droit de l’Union Européenne : le cas espagnol (Il Quotidiano del lavoro de Il Sole 24 Ore, 22 février 2021 – Alberto De Luca, Luca Cairoli)

Parmi les mesures d’urgence prises pour faire face à la crise sanitaire et pour éviter que cette dernière puisse avoir des effets néfastes sur le plan social et de l’emploi, l’interdiction de licenciement pour motif économique objectif, introduite dans notre pays par le Décret « Cura Italia » et successivement plusieurs fois prorogée, constitue sans aucun doute à ce jour un sujet au centre d’un intense débat. Les prorogations répétées de cette mesure ont de fait stabilisé ces 12 derniers mois la compression de la liberté de l’entreprise de gérer l’emploi en fonction de ses besoins effectifs, et ce même hors des hypothèses de retombées liées aux effets de l’épidémie. Cela a entraîné de sérieuses réflexions sur l’éventuelle violation, du fait de cette interdiction, de la liberté constitutionnelle de l’initiative économique privée, visée à l’art. 41 de la Constitution.

D’autres pays européens présentent une situation analogue à la situation italienne, notamment l’Espagne, où le Real Decreto-Ley n° 9 du 27 mars 2020 a introduit la « prohibiciòn de despido », c’est-à-dire l’interdiction de licenciement pour raisons économiques liées à la crise sanitaire, qui, comme en Italie, a fait l’objet de nombreuses prorogations. Et c’est justement dans un contexte social, économique et législatif quasiment analogue à celui de notre pays que le Tribunal de Barcelone s’est prononcé au moyen d’une sentence ayant eu un important retentissement (Juzgado de lo Social N° 1 de Barcelona, Sentencia 283/2020, 15 déc. 2020). Le Tribunal espagnol, appelé à s’exprimer sur un licenciement pour motifs économiques intimé alors que l’interdiction était en vigueur, après avoir analysé et constaté l’existence des motifs économiques invoqués pour justifier la résiliation (baisse des ventes et des commandes due à la pandémie), a en effet approfondi le rapport entre ce dernier et la disposition législative de crise susmentionnée. À ce sujet, le juge espagnol a constaté que, bien que l’article 2 du Real Decreto-Ley n° 9 du 27 mars 2020 prévoie que les causes économiques, techniques, liées à l’organisation et à la production ne peuvent être considérées comme des causes justifiant le licenciement pendant la période de crise, il est tout aussi vrai que ce même Décret, dans son introduction, avait justifié l’adoption de ces mesures sur la base de leur caractère temporaire et exceptionnel, avec l’objectif de garantir que les effets de la crise liée à la Covid-19 n’empêchent pas le rétablissement de l’activité économique et la sauvegarde de l’emploi.

Continuez à lire la version intégrale publiée sur Il Quotidiano del Lavoro de Il Sole 24 Ore.

Inscrivez-vous à notre lettre d’information

Contacts

Vous avez besoin d'informations ? Écrivez-nous et notre équipe d'experts vous répondra dans les plus brefs délais.

Remplissez le formulaire

Autres nouveautés et insights

1 Oct 2026

E-mail professionnelle et contrôles défensifs : quand le RGPD et le droit du travail ne coïncident pas

L’affaire Piaggio illustre de manière particulièrement évidente comment, face aux mêmes faits, des appréciations profondément différentes peuvent coexister selon la perspective adoptée. Par une décision du 13 juin…

1 Oct 2026

NASpI et réintégration : le choix du salarié entraîne la perte de l’allocation

Sommaire La Cour de cassation, par son récent arrêt n° 24981 du 3 septembre 2026, a jugé que, lorsqu’un licenciement est annulé avec ordre de réintégration en application…

1 Oct 2026

Saviez-vous que… un témoignage rendu en justice peut avoir une portée disciplinaire et, dans les cas les plus graves, justifier un licenciement ?

La Cour de cassation italienne, section Travail, par son ordonnance n° 25687 du 22 septembre 2026, s’est prononcée sur la portée disciplinaire des déclarations faites par un salarié…

29 Sep 2026

Shadow AI en entreprise : comment maîtriser les risques, les données et la sécurité (Agenda digitale, 29 Septembre 2026 – Vittorio De Luca et Martina De Angeli)

La diffusion d’outils d’intelligence artificielle utilisés sans autorisation de l’entreprise expose les organisations à des risques liés aux données personnelles, aux informations confidentielles, au savoir-faire et à la…

24 Sep 2026

Le concept de « territoire » dans le cadre de la clause de non-concurrence (Top24 Lavoro Ai – Il Sole 24 Ore, 24 September 2026 – Vittorio De Luca et Alessandro Ferrari)

Les problématiques d’interprétation à la lumière de la jurisprudence la plus récente en matière de nullité de la clause de non-concurrence pour imprécision de la limitation territoriale Par…

16 Sep 2026

Le saviez-vous… La violation répétée des procédures internes de l’entreprise peut justifier le licenciement du responsable d’un point de vente ?

La Cour de cassation, chambre sociale, par l’ordonnance n° 25231 du 11 septembre 2026, a confirmé la légalité du licenciement pour faute grave prononcé à l’encontre d’une responsable…