Catégories: Insights

Tag: contestazione disciplinare, Licenziamento per giusta causa


1 Avr 2020

Licenciement pour « juste cause » (faute grave) et droit à la réintégration

La Cour de cassation, par son arrêt du 24 février 2020, n° 4879, a déclaré que le droit à la réintégration prévu par l’article 18, alinéa 4, de la Loi 300/1970 en cas « d’absence des faits reprochés » s’applique de plus en cas d’inexistence des griefs ou si ceux-ci concernent des faits autres que ceux sur lesquels se base le licenciement.

Les faits de l’affaire

L’affaire à l’origine de la décision de la Haute cour a vu une succession de deux décisions identiques rendues par les juges du fond.

En effet, la Cour d’appel, confirmant le jugement de première instance, avait prononcé :

  • la nullité du licenciement pour faute contre le salarié, pour absence du fait matériel reproché. Ceci n ce qu’aucune intention menaçante n’avait été relevée dans la phrase « je n’ai rien à perdre, si je me fais du mal, je ne serai pas le seul » prononcée par le salarié en réaction au comportement de l’employeur qui lui avait refusé des congés au mois d’août ; et
  • la violation du principe d’inaltérabilité de la « contestation disciplinaire » (griefs invoqués lors de l’entretien préalable), qui peut être déduit de l’évaluation comparative entre les circonstances de fait indiquées lors de l’entretien et les autres circonstances, différentes, indiquées dans la lettre de licenciement. En effet, cette dernière faisait pour la première fois référence à des actions de « chantage, menace et atteinte à l’image de l’entreprise » prétendument mises en œuvre par le salarié.

Enfin, il était également confirmé que le salarié avait été réintégré à juste titre, sans soulever la question de la proportionnalité entre l’expulsion et les faits mineurs reprochés.

L’employeur se pourvoyait en cassation, en invoquant le fait que les vices de procédure, mêmes s’ils sont graves, ne peuvent que donner lieu à une indemnisation réduite, tandis que les autres droits sont garantis qu’en cas d’absence de cause réelle et sérieuse du licenciement.

La décision de la Cour de Cassation

La Cour de cassation a relevé qu’en présence d’un licenciement entaché de vice de forme, et donc privé de son inefficacité, pour violation de l’obligation de justification,  des dommages-intérêts réduits sont prévus (toujours en lieu et place de l’emploi), qui varient d’un minimum de 6 à un maximum de 12 mois de salaire, en fonction de la gravité du manquement commis (art. 18, alinéa 6, du Statuto dei Lavoratori).

En tout état de cause, selon la Cour de cassation, les autres droits prévus par l’article 18, alinéas 4, 5 ou 7 s’appliquent – en remplacement de l’indemnité réduite et non pas en complément de celle-ci – s’il apparaît, à la demande du salarié, que le licenciement est injustifié (sans cause réelle et sérieuse). Le licenciement est dit injustifié lorsqu’il n’existe pas de motif justifié subjectif (personnel), objectif, ou une faute grave dont la charge de la preuve, une fois que le salarié a effectué sa demande, retombe en tout état de cause sur l’employeur aux termes de l’article n° 5 de la loi 604/1966.

La Cour de cassation – confrontée à la question controversée de l’identification du régime de protection applicable en cas d’absence initiale de contestation de certains comportements – a donc statué que « lorsqu’il est procédé à un licenciement sans contestation disciplinaire, il continue, comme par le passé, à être considéré comme injustifié et il est donc sanctionné par la réintégration avec des effets d’indemnisation limités ».

La justification du droit à la réintégration, toujours selon la Cour, réside dans le fait que, conformément à l’article 18, alinéa 4, St. Lav., ce droit est prévu en cas « d’absence des faits reprochés », ce qui ne peut implicitement qu’inclure le cas de l’inexistence de griefs.

Pour toutes ces raisons, le pourvoi de l’employeur a été rejeté, en ce que considéré comme non fondé.

Inscrivez-vous à notre lettre d’information

Contacts

Vous avez besoin d'informations ? Écrivez-nous et notre équipe d'experts vous répondra dans les plus brefs délais.

Remplissez le formulaire

Autres nouveautés et insights

3 Août 2026

Transparence salariale : les premières demandes des salariés arrivent (Il Sole 24 Ore, 3 août 2026 – Vittorio De Luca)

Deux mois après le décret. Depuis l’entrée en vigueur du décret législatif 96/2026, le 7 juin, selon une enquête flash menée par le GIDP, 8 % des directeurs…

30 Juil 2026

Contrôles en entreprise et protection des données : quel équilibre ?

Avec un récent jugement du Tribunal de Pise n° 800 du 13 juin 2026, est abordée une question particulièrement importante pour les entreprises : le délicat équilibre entre…

30 Juil 2026

Licenciement irrégulier et réintégration : le salarié doit restituer l’indemnité compensatrice de préavis 

Avec l’ordonnance n° 22187 du 28 juin 2026, la Cour de cassation s’est prononcée sur la question de la restitution de l’indemnité compensatrice de préavis versée au salarié…

30 Juil 2026

Saviez-vous que… l’incapacité naturelle du salarié n’empêche pas le délai de recours contre le licenciement de courir?

Les Sections Unies de la Cour de cassation, par l'arrêt n° 23486 du 18 juillet 2026, ont affirmé que l’état d’incapacité naturelle du salarié destinataire de la notification…

22 Juil 2026

Le salarié ne peut pas orienter les clients vers un concurrent avant sa démission (Camera di Commercio Francese in Italia, 22 juillet 2026 – Vittorio De Luca, Silvia Zulato)

Par l’ordonnance n° 1723 du 26 mai 2026, la Cour de cassation italienne a confirmé la responsabilité d’un salarié qui, avant la cessation de sa relation de travail,…

20 Juil 2026

Accès à la Naspi (Top24 Lavoro Ai – Il Sole 24 Ore, 20 Juillet 2026 – Vittorio De Luca e Alessandra Zilla)

Cadre réglementaire La Nouvelle Assurance Sociale pour l’Emploi (NASpI), instituée par le décret législatif n° 22 du 4 mars 2015, constitue le principal dispositif de soutien au revenu…