Catégories: Insights · News


7 Sep 2022

Congés non utilisés perdus si le travailleur n’obtempère pas suite à l’invitation de son employeur à en bénéficier (Norme & Tributi Plus Diritto de Il Sole 24 Ore, 7 septembre 2022 – Alberto De Luca, Luca Cairoli)

Dans l’optique de la Cour de cassation, le droit à l’indemnité substitutive des congés non utilisés, lors de la rupture du
contrat de travail, serait intrinsèquement lié au droit aux congés payés annuels

Par son arrêt n° 21781/2022, publié le 8 juillet dernier, la Cour de cassation, chambre du travail, s’est prononcée (ainsi que sur différentes autres questions en matière d’emploi public) sur un thème largement débattu en doctrine et en jurisprudence, à savoir la question relative aux limites au droit du travailleur de recevoir une indemnité monétaire substitutive des congés au moment de la cessation de son contrat de travail, au cas où il ne les aurait pas utilisés en nature. 

Comme on le sait, le droit du travailleur à bénéficier de congés payés annuels est directement prévu par l’art. 36, alinéa 3, de notre Constitution, lequel ajoute que celui-ci « ne peut y renoncer ». Le droit aux congés est également régi par le Code civil, à l’art. 2109, et par le décret législatif du 8.4.2003 n° 66, lesquels confirment l’impossibilité de renoncer au droit aux congés payés ainsi que l’interdiction de les remplacer par une indemnité monétaire substitutive, si ce n’est en cas de résiliation du contrat de travail. 

Pour mieux comprendre cet arrêt, relatif à un contrat de travail d’une administration publique, il convient également de citer l’art. 5, alinéa 8, du décret législatif du 6 juillet 2012 n° 95, converti avec modifications en la loi du 7 août 2012 n° 135, selon lequel les congés, les repos et les permis auxquels a droit le personnel des administrations publiques comprises dans le compte économique consolidé de l’administration publique doivent obligatoirement être utilisés et ne donnent en aucun cas lieu au versement de sommes substitutives, même en cas de cessation du contrat de travail. 

Le cas soumis à la Cour de cassation opposait la Région des Abruzzes et une travailleuse qui, en première instance, avait obtenu gain de cause par-devant le tribunal du travail de l’Aquila, lequel avait accueilli sa demande en déclarant la nature subordonnée de son lien de travail avec la Région, constitué d’une série de contrats de collaboration coordonnée et continue stipulés entre 2002 et 2010, ainsi que son droit au paiement des différences de rétribution. 

La Cour d’appel de l’Aquila, réformant le jugement contesté, avait déduit du montant des différences de rétribution apurées par le tribunal les sommes calculées comme indemnité substitutive des congés et des permis non utilisés par la travailleuse. 

Dans ses motifs, la Cour d’appel, rappelant des arrêts antérieurs de la Cour de cassation (Cass. n° 10701/2015 ; Cass. n° 8791/2015 et Cass. n° 4855/2014), considérait que le travailleur demandant en justice le versement d’une indemnité substitutive des congés avait une double charge de la preuve, portant respectivement sur : (i) l’exécution de sa prestation de travail pendant les jours destinés aux congés ; (ii) le fait que l’absence de jouissance de ces congés était due à des exigences de service exceptionnelles et motivées ou à une cause de force majeure. 

Sur le premier point, peut-on lire dans l’arrêt en objet, la décision de la Cour d’appel de l’Aquila semble conforme à la jurisprudence consolidée selon laquelle le travailleur agissant en justice pour demander le versement de l’indemnité substitutive des congés non utilisés a la charge de prouver l’exécution de sa prestation de travail pendant les jours destinés aux congés, étant donné que l’exercice de l’activité professionnelle en plus de la période annuelle normale de travail effectif est un élément constitutif de l’indemnité susmentionnée. L’employeur a quant à lui la charge de fournir la preuve du paiement relatif (entre autres, Cass. civ., chambre du travail, 26 mai 2020 n° 9791 ; Cass. civ., chambre du travail, 6 avril 2020 n° 7696). 

Continuez à lire la version intégrale publiée sur Norme & Tributi Plus Diritto de Il Sole 24 Ore.

Inscrivez-vous à notre lettre d’information

Contacts

Vous avez besoin d'informations ? Écrivez-nous et notre équipe d'experts vous répondra dans les plus brefs délais.

Remplissez le formulaire

Autres nouveautés et insights

3 Août 2026

Transparence salariale : les premières demandes des salariés arrivent (Il Sole 24 Ore, 3 août 2026 – Vittorio De Luca)

Deux mois après le décret. Depuis l’entrée en vigueur du décret législatif 96/2026, le 7 juin, selon une enquête flash menée par le GIDP, 8 % des directeurs…

30 Juil 2026

Contrôles en entreprise et protection des données : quel équilibre ?

Avec un récent jugement du Tribunal de Pise n° 800 du 13 juin 2026, est abordée une question particulièrement importante pour les entreprises : le délicat équilibre entre…

30 Juil 2026

Licenciement irrégulier et réintégration : le salarié doit restituer l’indemnité compensatrice de préavis 

Avec l’ordonnance n° 22187 du 28 juin 2026, la Cour de cassation s’est prononcée sur la question de la restitution de l’indemnité compensatrice de préavis versée au salarié…

30 Juil 2026

Saviez-vous que… l’incapacité naturelle du salarié n’empêche pas le délai de recours contre le licenciement de courir?

Les Sections Unies de la Cour de cassation, par l'arrêt n° 23486 du 18 juillet 2026, ont affirmé que l’état d’incapacité naturelle du salarié destinataire de la notification…

22 Juil 2026

Le salarié ne peut pas orienter les clients vers un concurrent avant sa démission (Camera di Commercio Francese in Italia, 22 juillet 2026 – Vittorio De Luca, Silvia Zulato)

Par l’ordonnance n° 1723 du 26 mai 2026, la Cour de cassation italienne a confirmé la responsabilité d’un salarié qui, avant la cessation de sa relation de travail,…

20 Juil 2026

Accès à la Naspi (Top24 Lavoro Ai – Il Sole 24 Ore, 20 Juillet 2026 – Vittorio De Luca e Alessandra Zilla)

Cadre réglementaire La Nouvelle Assurance Sociale pour l’Emploi (NASpI), instituée par le décret législatif n° 22 du 4 mars 2015, constitue le principal dispositif de soutien au revenu…