Catégories: Insights


1 Mai 2017

Procès-verbal de conciliation: annulation en cas de tromperie du travailleur

La Cour de cassation, par son arrêt no 8260 du 30 mars 2017, par reformation du jugement de la Cour d’appel territorialement compétente, a fait droit aux griefs d’un travailleur qui avait signé un procès-verbal de conciliation à l’échelon syndical et en avait ensuite demandé l’annulation en vue d’établir en justice la nullité du licenciement notifié dans le cadre d’une procédure de licenciement collectif. En particulier, le travailleur soutenait qu’en l’espèce, il y avait un vice de consentement par dol puisqu’il avait été induit à signer le procès-verbal de conciliation en s’appuyant sur la supposition que sa position professionnelle faisait partie de celles excédentaires et que cette supposition s’était révélée être fausse étant donné que la société avait recruté un autre travailleur pour la même position que celle qu’il occupait précédemment. Selon la Cour de cassation, les juges du fond ont fait une erreur en n’évaluant pas si la conduite de la société qui l’employait était susceptible d’induire en erreur le travailleur, compte tenu du fait que même une « conduite de silence malicieux » peut comporter une tromperie et donc le vice de consentement pour cause de dol par omission. Selon cette même Cour, en effet, même dans le contrat de travail, le silence gardé par une des parties au sujet de situations présentant un intérêt pour la partie adverse et la réticence – lorsque l’inertie de la partie s’intègre dans un comportement complexe pensé de manière adéquate à l’avance, avec malice ou ruse, pour réaliser la tromperie visée, entraînant l’erreur du deceptus – comportent les caractéristiques du dol par omission au sens de l’article 1439 du code civil. C’est donc en raison de ce principe que la Cour a demandé à la Cour d’appel la confirmation que la conduite de la société avait été susceptible de comporter un dol par omission au détriment du travailleur.

Inscrivez-vous à notre lettre d’information

Contacts

Vous avez besoin d'informations ? Écrivez-nous et notre équipe d'experts vous répondra dans les plus brefs délais.

Remplissez le formulaire

Autres nouveautés et insights

8 Avr 2026

Gestion des e-mails professionnels après la fin du contrat de travail : limites selon l’Autorité de protection des données

L’Autorité de protection des données a de nouveau exprimé son point de vue sur la gestion de la messagerie électronique professionnelle par les employeurs après la cessation de…

8 Avr 2026

Licenciement oral : charge de la preuve incombant au salarié

Ordonnance n° 4077 du 23 février 2026 : licenciement oral et charge de la preuve Avec l’ordonnance n° 4077 du 23 février 2026, la Cour de cassation s’est…

8 Avr 2026

Le savais-tu… l’incompatibilité entre collègues peut-elle justifier le transfert d’un salarié ?

La Cour de cassation, section travail, par ordonnance n° 4198 du 25 février 2026, a affirmé que le transfert d’un salarié peut être légitimement ordonné même en présence…

7 Avr 2026

La frontière entre le repos et l’inactivité dans la gestion du temps de travail (AIDP – HR Online, 7 aprile 2026 – Vittorio De Luca, Alesia Hima)

Dans le langage organisationnel des entreprises, on parle souvent de « pauses », de « temps d’attente » ou de « temps morts ». Dans la pratique opérationnelle,…

17 Mar 2026

Égalité salariale : feu vert au décret sur l’égalité et la transparence des rémunérations (People are People, 16 marzo 2026 – Claudia Cerbone, Martina De Angeli)

Claudia Cerbone et Martina De Angeli, professionnelles du cabinet De Luca & Partners, signent le présent article consacré au projet de décret législatif approuvé le 5 février dernier…

10 Mar 2026

Le transfert du salarié est légitime en présence d’une incompatibilité avec l’environnement de travail au sein de l’entreprise (Camera di Commercio Italo-Francese, 10 marzo 2026 – Vittorio De Luca, Silvia Zulato)

Par l’ordonnance n° 4198 du 25 février 2026, la Cour de cassation – chambre sociale - a réaffirmé qu’une situation d’incompatibilité environnementale peut justifier le transfert d’un salarié…